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La tradition était réticente pour reconnaître à Uzès le statut d'ancienne cité romaine.

En effet, dans les rares références faites à elle dans les textes, il est question de "Castrum Ucetia". 

Un castrum n'était qu'un lieu fortifié destiné à abriter une garnison romaine.

Ucetia était-elle, avant la conquête des Gaules, un verrou pour protéger la fragile

voie Domitienne qui reliait l'Italie à l'Espagne ?

Servait-elle, au Bas-Empire, de poste avancé pour protéger Nîmes d'éventuelles menaces et pour garantir son alimentation en eau ?

Uzès était, en effet, jusqu'à une époque récente, réputée comme étant le point d'approvisionnement principal de l’aqueduc Romain.

 

Cet ouvrage de 52 km reliait Uzès à Nîmes avec une inclinaison de seulement 25 cm/km, un exploit d'ingénierie romaine.

Construit autour de 50 ap. JC, il enjambe la rivière du Gardon via le "Pont du Gard."

Des  fouilles menées il y a une vingtaine d'années ont mis au jour des vestiges de cet aqueduc dans la vallée d'Eure, au pied de la ville d'Uzès.

                            Histoire d'Ucetia

               Bassin de régulation de l'aqueduc à Uzès

L'aqueduc dans la Vallée d'Eure à Uzès

Canal couvrant l'étage supérieur du Pont du Gard 

Le Castellum divisorium de Nîmes distribuait les eaux d'Ucetia.

Des chercheurs ont par ailleurs constaté à Uzès l'existence de murs d'enceinte de caractère Hellénistique.

On ne pourrait totalement exclure une présence ou une influence Grecque antérieure à la conquête romaine de la Gaule transalpine (vers 120 av. J-C).

Avignon, située à seulement 40 km à l'est d'Uzès, était passé sous contrôle des Phocéens dès le VIe siècle av. J-C.

Restait, à partir de ces éléments concordants, à découvrir des preuves indiscutables.

Ce fut chose faite en 2013.

Un diagnostic archéologique se déroula sur un point le plus élevé de la ville, situé au nord et à l'extérieur du centre médiéval.

Il s'agit du terrain clos d'une ancienne caserne de gendarmerie, antérieurement jardin d'une abbaye fondée au VIe siècle.

 

Ce diagnostic archéologique de 2013 confirme l'hypothèse de l'existence d'une cité romaine à Uzès en raison de vestiges romains omniprésents sur l'ensemble de la zone fouillée, soit sur 6000 M2.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce diagnostic révèle, par ailleurs, que la fondation de cette cité est très précoce, quelques années seulement après la conquête romaine de sud de la Gaule (achevée vers -120).

L'ensemble des vestiges de la cité mis au jour remontent au début du 1er siècle avant notre ère.

Enfin, le diagnostic révèle, mais sans certitude absolue, qu'il s'agit du

centre de la ville romaine et non de sa périphérie.

Le diagnostic dégage au sud-ouest un important bâtiment de 500m2.

 

Il met au jour à l'Est du site, côté façade de la caserne de gendarmerie, un pavé mosaïque composé de deux grandes mosaïques polychromes.

Ces vastes mosaïques sont ornées de motifs géométriques (postes, méandres) qui encadrent deux médaillons centraux formés de couronnes, de rayons et de chevrons.

 

Un des deux médaillons est entouré de quatre animaux polychromes : aigle, hibou, oie (ou canard), et biche (ou faon).

Enfin, tout proche de la mosaïque à emblema, une petite mosaïque paraît très singulière et sans propbablement sans équivalent connu.

Elle présente deux axes perpendiculaires l'un à l'autre, un cercle figurant au centre de cet axe.

La jonction de ces lignes perpendiculaires forme un losange.

Elle pourrait symboliser le centre spirituel de la cité et son centre urbain : la jonction du Decumanus (axe est-ouest) et du Cardo Maximus (axe Nord-Sud).

Ces axes sont tracés lors de la fondation d'une nouvelle cité ou de l'installation de tout camp militaire. Indiquant les points cardinaux et par référence à la voûte céleste, il s'agit d'un rituel sacralisé.

 

Un axe est-ouest longe d'ailleurs cette grande salle .

 

Cet voie, qui traverse l'ensemble du terrain de fouilles, est d'ailleurs

parallèle à la ligne horizontale représentée cette mosaïque.

 

Cette mosaïque de part sa nature et de part son emplacement dans une pièce sompteuse semble exclure toute idée que le diagnostic ait eut lieu en périphérie.

Comme l'ensemble du pavé mosaïque, elle fut mis au jour lors du diagnostic de 2013 et non en 2017.

 

Y-a-t-il une voie nord-sud sous l'ancienne gendarmerie, des fouilles ont eu lieu sur les traverses. ? En zone 4 ? Quel est leur résultat ?

La fouille dite préventive menée 3 ans plus tard (octobre 2016-août 2017) apporte des éléments supplémentaires.

Elle révèle avec précision, à l'Est (désormais appelée zone 1), l'existence d'un important bâtiment de 250 M2 auquel appartient le grand pavé mosaïque.

 

Ce bâtiment est composé de quatre pièces en enfilade. Deux pièces ont des sols bétonnés et des murs d'enduit peint.

À une extrémité de l’édifice se trouve une pièce avec un sol de mortier incrusté de tesselles en croisettes. Cette pièce donne accès à la salle

spacieuse dont le sol est décoré du grand pavement mosaïqué.

 

 

 

 

 

 

 

 

Un cartouche est remarqué. Il porte, sans changement de couleur de tesselles, simplement par leur disposition, le nom d'un personnage en caractères Grecs.

Il s'agirait d'un personnage se dénommant "Lucius Cornelius".

 

Il n'est pour l'instant pas possible de déterminer s'il s'agit du nom d'un artisan ou bien de celui du propriétaire, lequel aurait fait orner de son nom la salle de réception.

Par ailleurs, la référence au général, Consul et dictateur Romain Lucius Cornelius connu sous son cognomen Sylla/Sulla ne serait pas à exclure.  

Sa présence dans le sud-est de la Gaule lors de la guerre des Cimbres est probable (vers -100) multipliant ses allez et venues entres les peuples du sud de la Gaule pendant trois ans. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au moins cinq axes de circulation sont dégagés, toujours estimés comme datant du début du 1er siècle avant notre ère.

Ces voies présentent généralement des chaussées dallées.

Des ornières liées à la circulation de charrettes sont visibles sur la pierre.

 

Ces rues délimitent des îlots d'habitation.

Le site s'illustre par la présence en secteur sud-ouest (désormais dit zone 2) d'un bâtiment de 500 mètres carrés, doté de nombreuses pièces qui pourrait être une domus.

Ce bâtiment avait déjà été dégagé lors du diagnostic.

Ce bâtiment serait lui aussi daté du 1er siècle avant notre ère.

Un hypocauste est mis au jour dans ce secteur.

En bordure de cette zone sud-ouest, les archéologues découvrent une mosaïque présentant quatre dauphins.

 

 

Le site s'illustre par la présence de puits et de fontaines.

On constate la présence de carrières, vraisemblablement exploitées par les premiers habitants.

La présence d'habitants sur ce site se maintien durant 200 à 300 ans.

Un abandon de la ville est constaté au cours du IIe siècle.

Le site est réinvesti entre le Ve siècle et le VIIe siècle avec réutilisation des axes de circulation.

 

Le site est ensuite définitivement abandonné.

La zone de fouille correspond à l'enclos d'un monastère fondé au VIe siècle par l'évêque Ferréol, à l'exception de la zone sud-est qui est actuellement occupée par un entrepôt. 

Les fondations d'un bastion nord de la ville d'Uzès, détruit sur ordre de Richelieu, sont également mises au jour.

 

 

 

 

 

Cet historique d'Ucetia tient ses informations du début avril 2017. Les plans distribués lors de l'exposition actuelle en Mairie d'Uzès (juillet) n'ont pas été mis à jour. Ce sont les mêmes qu'il y a 3 mois.

 

Nous ne savons pas si d'autres mosaïques ont été découvertes que ce soit en zone 3 ou en zone 4.

Il en est de même  pour les éléments immobiliers et mobiliers.

Nous ne savons pas non plus ce qu'il est advenu de la mosaïque aux dauphins de la zone 2 ainsi que de l'hypocauste qui s'y trouvait.

Merci d'indiquer de ce qu'il en est afin de contribuer à l'amélioration de l'information du public au travers de ce site.  

Diverses découvertes remettaient en cause ce statut de point de garnison.

En effet, de très nombreuses stèles et inscriptions romaines révélaient une cité romaine de taille significative.

Par ailleurs, une mosaïque romaine, aujourd'hui disparue, fut mise au jour à la fin du XVIIIe siècle lors de la construction de l'Hôtel de ville. 

De plus, un piédestal du Ier siècle après J-C. découvert à Nîmes, mentionne plusieurs villes dont deux sont inscrites en grands caractères : UGERNI (Beaucaire, ville Romaine importante) et UCETIAE.

Pour ces diverses raisons, l'historien du XVIIIe siècle Léon Ménard soutenait qu'Uzès était une importante cité romaine.

 

Il relevait, par ailleurs, que" les lieux qui sont appelés castra (...) s’accroissaient (...) de manière que c'étaient ensuite de grandes villes, auxquelles on donnait des noms propres, avec le surnom de castra pour en désigner la première origine".

La notice épiscopale de l'Empereur Honorius (384-423) place "Castrum Ucetia" au rang des villes épiscopales de la Gaule Narbonnaise. 

Ceci tend à confirmer qu'il s'agit au début du Ve siècle d'une cité romaine et d'une circonscription administrative importante.

 Situation des fouilles vers mars 2017 : les zones 3 et 4 n'ont pas encore été fouillées.

C'est toujours officiellement le plan des fouilles en juillet...

Plan d'Uzès peu avant la démolition de ses bastions.

Au nord, l'oppidum où fut fondée la ville romaine.

Plan du XVIIe s. : L'enclos monastique

St Ferréol est toujours là.

source image :  Prima Verra