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                            Histoire d'Ucetia

Uzès a longtemps été réputée comme une cité n'étant véritablement apparue qu'au Moyen-âge.

L'endormissement de la ville puis l'action de grands hommes ont mis à l'abri ses plus beau vestiges et monuments...notamment un certain André Malraux.

Uzès n'était perçue, concernant la période de l'Antiquité romaine, que comme point principal d'approvisionnement de l’aqueduc Romain.

 

Cet ouvrage de 52 km reliait Uzès à Nîmes avec une inclinaison de seulement 25 cm/km, un exploit d'ingénierie romaine.

Construit autour de 50 ap. J.-C, il enjambe la rivière du Gardon via le "Pont du Gard."

Dans les quelques références antiques sur Uzès, il n'est question que de "Castrum Ucetia". 

Un castrum était un lieu fortifié destiné à abriter une garnison romaine.

Ucetia était-elle, avant la conquête des Gaules, un verrou pour protéger la fragile voie Domitienne qui reliait l'Italie à l'Espagne ?

Servait-elle, au Bas-Empire, de poste avancé pour protéger Nîmes d'éventuelles menaces et pour garantir son alimentation en eau ?

Restait, à partir de ces éléments concordants, à découvrir des preuves indiscutables.

Ce fut chose faite en 2013.

Un diagnostic archéologique se déroula sur un point le plus élevé de la ville, situé au nord, à l'extérieur du centre médiéval.

Il s'agit du terrain clos d'une ancienne caserne de gendarmerie classée, antérieurement jardin d'une abbaye fondée au VIe siècle.

 

Ce diagnostic archéologique de 2013 confirme l'hypothèse de l'existence d'une cité romaine à Uzès en raison de vestiges romains omniprésents sur l'ensemble de la zone fouillée, soit sur 6400 M2.

Il s'agit même du centre ville d'Ucetia et non de sa périphérie.

La fouille dite préventive menée 3 ans après le diagnostic (octobre 2016-août 2017) apporte des éléments supplémentaires.

 

A l'Est (désormais dénommée zone 1), le pavé mosaïque est fictivement remis au jour : nettoyé une fois le remblai et les linceuls retirés.

L'annonce de la mise au jour surprise a lieu par l'organe de presse de l'Inrap le 27 mars 2017.

 

Un jour de gloire pour le service de communication de l'Inrap, car l'information est relayée par Le Monde puis par une grande partie de la presse nationale et internationale.

 

La dépose par un sous-traitant de l'Inrap débute quelques jours plus tard dans la consternation générale.

 

L'appel d'offres pour la dépose était d'ailleurs antérieur au début des fouilles préventives (Preuve ici), 7 octobre 2016.

Un cartouche est remarqué. Il porte, sans changement de couleur de tesselles, simplement par leur disposition, (par volonté de modestie ?)  un nom rédigé en caractères Grecs.

Il s'agirait d'un personnage se dénommant "Lucius Cornelius".

 

La référence au général, Consul et dictateur Romain Lucius Cornelius connu sous son cognomen Sylla/Sulla ne serait pas à exclure.  

Sa présence dans le sud-est de la Gaule lors de la guerre des Cimbres est probable (vers -100) multipliant ses allez et venues entres les peuples du sud de la Gaule pendant trois ans.

 

Serait-il le fondateur de la cité et l'initiateur de la construction d'un Temple attenant au lieu de fondation ? 

Les mosaïques doivent être réinstallées dans le bâtiment qu'elles occupaient depuis plus de 2 millénaires.

Nous aurons besoin de spécialistes internationaux spécialisés dans la conservation In situ de mosaïques du pourtour méditerranéen.

 

Voir, par exemple, le projet mosaikon du Getty Institute ayant porté sur la préservation in situ de plusieurs centaines de mosaïques.

 

Leur réinstallation ne sera pas une affaire facile, même pour eux.

Il est très difficile de savoir ce qui a été mis au jour à Uzès.

 

Une exposition se tient en ce moment en Mairie d'Uzès.

Le but est de montrer "le quotidien des acteurs de la fouille", non les découvertes.

 

Les plans distribués à cette occasion (juillet 2017) datent de mars 2017 et donc n'ont pas évolué depuis leur distribution lors d'organisation de visites sous pression d'associations.

Qu'a t-il été découvert en zone 3 et 4 ? Qu'a t-il été découvert sur les traverses de la gendarmerie ?

Ucetia appartient au Patrimoine mondial et chacun a le droit, individus comme institutions, Français ou non de la défendre d'une destruction programmée, doublée d'un dépeçage.

Tout proche de la mosaïque à emblema, une petite mosaïque paraît très singulière et probablement sans équivalent connu.

Elle présente deux axes perpendiculaires l'un à l'autre, un cercle figurant au centre de cet axe.

La jonction de ces lignes perpendiculaires forme un losange.

Elle pourrait symboliser le lieu de fondation de la Cité et son centre spirituel : la  jonction du Decumanus (axe est-ouest) et du Cardo Maximus (axe Nord-Sud).

​Des sillons sont tracés lors de la fondation d'une nouvelle cité ou de l'installation de tout camp militaire.

Indiquant les points cardinaux et par référence à la voûte céleste, il s'agit d'un rituel sacralisé réalisé par un augure.

Ce lieu est souvent bordé d'un Temple.

Le diagnostic archéologique mené en 2013 révèle, par ailleurs, que la fondation de cette cité est très précoce, (début du 1er siècle Av. J.C) soit quelques décennies après la conquête romaine du sud de la Gaule.​

Le diagnostic dégage au sud-ouest un important bâtiment de 500m2.

 

Il met au jour à l'Est du site, côté façade de la caserne de gendarmerie, un pavé mosaïque composé de deux grandes mosaïques polychromes et d'un Templum mosaïqué indiquant qu'il s'agit du centre de la cité.

Ces vastes mosaïques sont ornées de motifs géométriques (postes, méandres) qui encadrent deux médaillons centraux formés de couronnes, de rayons et de chevrons.

 

Un des deux médaillons est entouré de quatre animaux polychromes : aigle, hibou, oie (ou canard), et biche (ou faon).

Elles s'illustrent, notamment, par leur très grande taille, leur préservation exceptionnelle ainsi que par leur ancienneté (fin de l'époque républicaine), leur élégance et leur symbolisme encore méconnu.

Il n'y a aucun précédent dans le sud de la France d'une découverte présentant de tels attributs, ce qui explique l'écho immédiat rencontré lors de la révélation de cette découverte en 2017.

​Pour ces diverses raisons, l'historien du XVIIIe siècle Léon Ménard soutenait qu'Uzès était une importante cité romaine.

 

Il relevait, par ailleurs, que "les lieux qui sont appelés castra (...) s’accroissaient (...) de manière que c'étaient ensuite de grandes villes, auxquelles on donnait des noms propres, avec le surnom de castra pour en désigner la première origine".

Des découvertes effectuées au XVIIIe siècle tendaient à remettre en cause cette tradition.

Par ailleurs, une mosaïque romaine, aujourd'hui disparue, fut mise au jour à la fin du XVIIIe siècle lors de la construction de l'Hôtel de ville. 

 

De nombreuses stèles et inscriptions romaines mises au jour laissaient supposer l'existence d'une cité romaine de taille significative.

La notice épiscopale de l'Empereur Honorius (384-423) place "Castrum Ucetia" au rang des villes épiscopales de la Gaule Narbonnaise.

Chose difficile à envisager pour un village ou camp romain.

Ceci tend à confirmer qu'il s'agit au début du Ve siècle d'une cité romaine et d'une circonscription administrative importante.

L'enclos monastique fondé par Ferréol au VIe siècle correspond approximativement au terrain de l'ancienne gendarmerie. (Ici : plans des XVIIe et XVIIIe siècles)

Ucetia fut donc fondée au sommet de l'oppidum situé au nord d'Uzès

(Plan XVIIe siècle, peu avant la destruction des fortifications de la cité par Richelieu. )

Ce bâtiment est composé de quatre pièces en enfilade. Deux pièces ont des sols bétonnés et des murs d'enduit peint.

À une extrémité de l’édifice se trouve une pièce avec un sol de mortier incrusté de tesselles en croisettes. Cette pièce donne accès à la salle spacieuse dont le sol est décoré du grand pavement mosaïqué.

Il  est trop tôt pour se prononcer sur ce bâtiment de quatre pièces dont la dernière était intégralement mosaïquée.

Cette question revient aux universitaires spécialistes de la Rome antique, à condition qu'ils reçoivent l'information adéquate avant la fin des fouilles.

 

 

La mise au jour de ce site archéologique exceptionnel en 2013 est cependant tue.

Seuls quelques initiés auront pu avoir consulté le Bilan scientifique 2013 de la Drac Languedoc-Roussillon. Ce rapport de  242 pages comporte sur 1 page et demi le résumé des découvertes, sans mise en valeur.

 

Ce résumé du diagnostic est rédigé par les opérateurs et sous leur responsabilité, comme précisé dans le rapport de la DRAC.

 

Il est illustré d'une photo floue du centre de la mosaïque à emblema, recouverte d'un bloc de pierre alors que l'ensemble du pavé mosaïque a été mis au jour.

Un rapport de l'Autorité de la concurrence pourrait apporter une explication.

 

Le "marché" de la fouille préventive a été ouvert à la concurrence en 2003.

En revanche, la réalisation du diagnostic archéologique qui le précède (un "sondage" prescrit par le préfet pour évaluer la nécessité d'une fouille plus approfondie) est le monopole de l'Inrap (et des collectivités).

 

En se réservant l'information, notamment le rapport de diagnostic (191 pages) et en livrant un résumé bref et tiède sur les découvertes de ce diagnostic, l'Inrap a-t-il augmenté ses chances de faire l'offre la plus adaptée à l'aménageur ?

Ce serait la moins pire des hypothèses.

En revanche, pour le reste de la conduite des opérations, le comportement de l'Inrap est pour le moment totalement inexplicable et donc soulève de nombreuses interrogations.

Il paraît peu probable que la loi conçoive, dans son esprit comme dans son texte, qu'un diagnostic archéologique soit l'équivalent d'un repérage et que la fouille préventive soit l'exécution d'un dépeçage préalablement planifié.

 

Le tout, sous couvert de collecte d'informations pour les générations futures.

A l'extrémité sud de ce bâtiment se trouve au moins un emplacement dans lequel s’emboîte le socle d'une colonne mise au jour sur le site archéologique.

Des bases et éléments de colonnes vraisemblablement toscanes sont d'ailleurs présentes sur ce site.

L'existence d'un vaste bâtiment à colonnades en plein centre ville, à proximité d'un axe est-ouest, dans une salle présentant des mosaïques exceptionnelles, dont un Templum, fait davantage penser à un bâtiment public qu'à un bâtiment privé.

On ne peut exclure qu'il s'agisse d'un Temple.

La zone de fouille au sud-ouest (dite zone 2) s'illustrerait par la présence d'un bâtiment de 500 mètres carrés, doté de nombreuses pièces.

 

Les archéologues de l'Inrap pencheraient pour une domus (villa Romaine) du 1er siècle.​

Un hypocauste (chauffage par le sol, généralement utilisé pour des thermes) ainsi qu'une mosaïque représentant 4 dauphins ont été découverts dans cette zone.

Cette zone 2 a malheureusement connu un petit incident.

Elle aurait été complètement rasée au tractopelle, puis rebouchée de terre en janvier 2017.

Rien de tel qu'une destruction pour empêcher le classement d'un site.

La dépose des mosaïques rentre dans la même logique.

L'Inrap a été objectivement au service d'un aménageur craignant le classement du site.

Le chantier ne se trouvant pas dans une zone désertique, un riverain a filmé la destruction de cette zone enfouie à plus de 3 mètres sous le niveau du sol et le fâcheux "incident" est en ligne.

Le chef de fouilles s'en explique "on a quand même pas détruit Pompéi."

" Des fondations", "quelques bases de murs" (...) "ce qui compte ce n'est pas de conserver un mur mais de s'avoir comment s'organise ce mur". 

Nous ignorons le sort de l'hypocauste et de la mosaïque aux dauphins.

Plaise aux autorités compétentes de demander à l'Inrap ce qu'il en est advenu: Destruction, dépose par un sous-traitant (à la découpe ou pas), stockage quelque part, etc.

 

Il est bon de savoir que cette mosaïque exceptionnelle existe et de ne pas en perdre la trace, car comme les autres mosaïques, sa place est à Uzès.

L'Inrap, explique tout numériser, calculer, photographier, pour sauvegarder la donnée.

Il pourrait donc sans difficulté apporter la documentation nécessaire (et le financement) pour faire reconstruire ces 900m2 dont les pierres sont maintenant éparpillées sur la zone sous plusieurs tonnes de terre.

C'est bien sûr un peu ironique, mais, tout de même, le fait accompli ne devrait jamais payer.

Ont, de même, été dégagés certains des vestiges (fossé et murs) du bastion nord d'Uzès, abattu sur injonction de Richelieu.

Zone 3 et 4 : peu d'informations.

La zone 3 était en cours de fouilles en mars et la zone 4 non encore dégagée.

2 axes de circulation sont présents en zone 3, notamment le Decumanus qui traverse l'ensemble du site d'est en ouest.

Enfin l'ensemble du site, du peu que l'on en connaisse, présente une grande richesse et diversité en termes de puits, fontaines, canalisations, éléments architecturaux et artefacts.

 

Tout ceci se doit bien sûr de rester à Uzès dans son contexte d'origine.

Les voies de circulation qui s'entrecroisent sur ce site sont généralement pavées, bien conservées et gardent la trace de la circulation des charrettes, superbe témoignage du passé. 

Tranchée révélant une partie d'une des voies romaines. Les traces de circulation sont visibles.

Carte postale représentant l'ancienne caserne de gendarmerie classée. Un projet initial prévoyait de la raser. Puis, faute d'y parvenir, d'obtenir la construction d'un immeuble devant sa façade...

Fouilles de 2017 : on "redécouvre" l'exceptionnel pavé mosaïque mis au jour lors du diagnostic archéologique de 2013, découverte passée sous silence.

Cette image atteste qu'il a été mis au jour sur le site d'Ucetia au moins 3 colonnes (vraisemblablement) doriques.

Il n'est pas à exclure qu'étant donné la nature de ce bâtiment et la présence du Templum mosaïqué, l'Inrap ait réalisé un exploit.

L'exploit d'avoir, avant même le commencement de la fouille préventive, planifié le dépeçage d'un Temple appartenant au centre d'une cité romaine.

Le démantèlement réalisé longtemps avant la fin des fouilles, avant toute expertise scientifique solide, dans l'opacité la plus totale et face à l'opposition du plus grand nombre.

 

Le slogan " NOUS fouillons c'est VOTRE Histoire" n'est vraisemblablement pas à prendre au pied de la lettre.

Dernière remarque : Aucun opérateur privé, faute de présomption de respectabilité, n'aurait osé commettre ces choses à Uzès.

 

L'insoupçonnable Inrap place-t-il désormais la complaisance comme avantage concurrentiel sur l'impitoyable "marché" de la fouille préventive dont il ne détient que 50 % ?

L'aménageur encourt un grave risque pénal s'il détruit lui-même des vestiges. 

l'Inrap s'en occupe-t-il, appuyé de son aura ?

Pièce extraordinaire. S'agit-il d'un aigle ? Cette pièce doit revenir à Uzès.

Découpage par panneaux d'un mètre carré...à Uzès par un sous-traitant le l'Inrap.

Cette technique par nature violente, destructrice et dénaturante répond du doux nom de "dépose".

Après restauration : Ceci est censé être une mosaïque du 1er siècle avant notre ère.

Mosaïque du Moyen-âge : Perte de la patine par retrait de la colle acrylique (aspect "neuf"), remplacement de nombreuses tesselles, aspect symétrique, perte du relief orignal.

...empilement des panneaux à l'arrière d'une fourgonnette....

Conclusion : L'Histoire d'Ucetia est entre les mains de chacun d'entre nous et se joue maintenant.

Merci de signaler d'éventuelles coquilles et fautes. 

La France n'est spécialisée que dans le marché de la dépose, technique dépassée aux résultats souvent peu convaincants.

Le site archéologique doit être classé et l'ancienne gendarmerie doit devenir son musée pour abriter les nombreux artefacts découverts sur le site ainsi que ceux découverts à Uzès depuis le XVIIIe siècle.

Le projet d'aménagement doit être intégré ailleurs, comme proposé par des spécialistes de la ville. Il y a énormément d'alternatives: l'entrepôt de 4000m2 hors normes jouxtant le chantier, l'aménagement des vastes anciennes casernes juste au sud, etc.

Ceci est de la "com". On peut lire d'ailleurs en illustration : La mosaïque (...) va être déposée et transportée à Nîmes pour être protégée et sauvegardée".

L'aqueduc dans la Vallée d'Eure à Uzès

Bassin de régulation de l'aqueduc à Uzès

Canal couvrant l'étage supérieur du Pont du Gard 

Débouché de l'aqueduc, Le Castellum divisorium de Nîmes distribuait les eaux via dix canalisations en plomb.

Chacun avançait une raison différente pour la voir partir et vite.

L'archéologue responsable du chantier de fouilles disait, par exemple, que c'était "pour voir ce qu'il y a en dessous". 

Si vous n'approuvez pas que des serviteurs de l'intérêt général vous mentent, alors vous n'avez pas dû beaucoup apprécier cette bataille contre la dépose des mosaïques.

Enfin, un piédestal du Ier siècle après J-C. découvert à Nîmes, mentionne plusieurs villes dont deux sont inscrites en grands caractères : UGERNI (Ugernum, Beaucaire, ville Romaine importante) et UCETIAE.